Draenite

De Pachy94 le 30/05/2016 (7 visites depuis 7 jours)

Bonjour à tous,
Je voulais vous présentez mes deux premiers chapitre de mon roman Draenite. Ne voyant plus mon travail, je voudrais récolter vos avis et si vous le souhaitez m'aider pour la mise en forme si des choses vous parait horrible. Je suis amateur, nul en orthographe mais déterminé à montrer que l'imagination est accorder à tous.
Bonne lecture.
Merci




Draenite



Les rêves nous cachent de nombreux secrets.

A tout ceux qui me comprendrons...



Aujourd'hui, beaucoup d'histoires et de légendes ont disparues de nos mémoires. Vous, l'humanité, vous vous trompez au sujet des anciennes tribus disparues, qui renfermaient de lourds secrets. Vous croyez qu'ils ne sont plus présents dans la vie de tous les jours?! Laissez-moi vous en donner le doute…



Chapitre 1:
Luna James





Petite, Luna regardait toujours le ciel. Mais comme à son habitude, sa grand-mère lui interdisait de contempler la nuit et les étoiles par la fenêtre de sa chambre. La jeune enfant ne comprenait pas pourquoi. Cette vieille femme était pourtant douce, maternelle et avait le cœur sur la main. Elle trouvait souvent ça cruel envers elle, car ce qu'elle aimait le plus au monde, c’était de les dévorer des yeux. Mais Luna se disait qu'elle avait été la seule personne à bien vouloir l'accepter après la mort prématurée de sa mère. Il était donc normal de lui obéir au moins un peu.
Avec le temps, elle ne supportait plus d’être emprisonné comme un animal en cage. C'est donc au début de sa onzième année que pour la première fois de sa vie, elle désobéissait à ses règles absurdes. Luna se voit encore, s’échapper silencieusement de sa chambre au premier étage et descendre les escaliers sur la pointe des pieds, afin de ne pas réveiller sa grand-mère endormie. Une fois arrivée en bas, sur sa gauche, elle passa délicatement devant la porte de la cuisine et posa sa main sur la poignée de celle de l'entrée. En regardant attentivement derrière elle si la voie était libre, Luna ouvrit la porte en douceur en évitant le plus possible ses longs grincements résonnants. Lorsqu'elle était suffisamment ouverte pour son petit corps, elle franchit le seuil de la demeure et se mit à courir de toutes ses forces vers le vaste bois qui entourait sa maison. Elle s’engouffra dans cette forêt qui lui paraissait à la fois effrayante et pétrifiante. Mais il était hors de question de faire marche arrière.
Tout au long de sa route, l'enfant voyait les ombres des arbres danser en harmonie sur le sol et prendre des formes de monstres sanglants. Elles lui faisaient vraiment peur, mais elle était tellement déterminée à voir ce qu'on appelle la lune et de comprendre la signification de ses lumières infernales. Que cela n'avait plus aucune importance. Elle n'avait qu'un seul but à ce moment-là, réaliser son rêve tout simplement.
Après quelques minutes de course, elle réduisait sa vitesse et s’arrêta complètement épuisée. Luna regardait autour d'elle, le cœur serré et perdu, se rendant compte qu'elle se trouvait au plein milieu du bois. Elle était située entre deux vieux chênes usés par le temps et où à vue d’œil, il n'y avait plus aucune lumière à l'horizon. Elle reprenait lentement son souffle puis après une courte hésitation, leva la tête vers le ciel étoilé.
À ce moment-là, il était impossible pour la petite fille de cacher son émotion. Elle avait enfin réussi à contempler cette chose ronde et brillante qu'elle avait tant voulu voir un jour. Ses yeux étaient si fascinés par la beauté qui s’offrait à elle, que cela réchauffait et apaisait son cœur devenu si lourd avec le temps.
En se collant le dos contre le tronc d'arbre derrière elle, Luna ne perdait pas une miette du spectacle. À cet instant elle aurait été incapable de rentrer chez moi. Elle voulait rester ici toute la nuit et cela jusqu'à ce que le soleil se lève. Elle était bien, oui Luna était heureuse.
Mais malheureusement cela ne se passait pas comme prévu, ce délicieux moment n'avait pas duré bien longtemps. Il avait un goût amer. En une fraction de seconde à peine, un mauvais pressentiment lui envahissait l'esprit et la rendait anxieuse. Sur le coup elle éprouvait de drôles de sensations, qu'elle n'avait jamais connues auparavant. Elle sentait sa peau devenir brûlante comme de la braise et son sang se glacer comme un iceberg. Chacune de ses veines devenait victimes de douloureux picotements, tandis que ses yeux se mettaient à pleurer sans pouvoir les arrêter. Luna essuya ses larmes du bout du doigt, se rendant compte que ce n’étaient pas de simples larmes qui coulaient le long de ses joues. Mais des larmes qui étaient toutes de couleurs saphir et brillaient de mille feux, grâce aux rayons de la lune.
Pendant un instant Luna avait l'impression de tenir entre ses doigts, un joyau d'une immense valeur qui ne fallait pas qu'elle perde. En pensant à cette idée et en voyant cet étrange phénomène prendre part de son corps. Ses jambes perdaient leurs énergies. Elle s'agrippa contre l'arbre afin de garder son équilibre. Au plus profond d'elle, la jeune fille savait qu'elle serait incapable d’éviter ce qui était en train de se produire. Sans pouvoir se rattraper à quoi que ce soit et sans réussir à appeler au secours. Luna tomba comme une poupée de chiffon sur la mousse encore humide, perdant connaissance.
Lorsqu'elle sortait de son inconscience et qu'elle ouvrit à nouveau les yeux, le visage contre le sol. Elle pouvait comprendre, rien qu'avec le teint de l'obscurité, qu'il faisait encore nuit mais qu'il serait bientôt le matin.
— Déjà le jour, se dit-elle en reprenant lentement ses esprits.
Ses sens revenue à la normale, Luna ne se sentait plus tout à fait elle-même. Elle avait l'impression d’être emprisonnée dans un corps qui n’était pas le sien. Comme-ci elle se réveillait après des années de sommeil, Luna avait la sensation que son corps pouvait répondre à n'importe quel de ses demandes, sans s’épuiser. En se relevant du sol, la petite fille réussit avec facilité à rester debout malgré ses jambes engourdies par la nuit. Elles ne tremblaient pas.
Luna regarda autour d'elle à la recherche du chemin de la maison, réalisant qu'elle ne pouvait distinguer la moindre petite chose, avec une extrême précision. Que ce soit les gouttes d'eau de la dernière pluie qui tombaient encore des feuilles ou des insectes qui marchaient sûr le long des écorces. Pour la première fois de sa vie, elle sentait flotter de la bienveillance autour d'elle ce qui la remplissait de bonheur. Est-ce cela le bonheur ?
Quand Luna avait terminé de se remettre de ses nouvelles émotions, elle frotta ses mains sur son pantalon pour enlever les résidus de terre accrochés dessus. Mais ce qu'elle découvrait à ce moment-là la terrorisa. La peur l’envahissait. Ses mains s'étaient métamorphosés. Elles avaient grandi d'au moins cinq centimètres et ses ongles avaient été remplacés par de longues griffes pointues, semblables à ceux des fauves. Elle les leva vers la lumière du ciel pour les observer, chacune de ses paumes avait un coussinet rose pâle délimité par un cercle.
Au moment de les toucher, la jeune fille sentit qu'on l’agrippait la jambe. Elle baissa les yeux et voyait des racines sortir du sol, qui s’enroulait autour de sa cuisse droite. Luna poussa un cri si effrayant que même l’écho de sa voix la terrorisa. Elle était prisonnière, incapable de s'en défaire. Elle planta chacune de ses griffes dedans mais sans le moindre succès, elles étaient trop résistantes. Mais après quelques efforts supplémentaires, celles-ci la lâchèrent subitement, ce qui l'expédia à plat ventre sur le sol.
Sa liberté retrouvée, Luna ne perdait pas de temps et se précipita à toute vitesse dans la direction de chez elle. Elle ne savait pas où elle allait exactement, mais ses sens lui disaient que c’était la bonne direction. Sur le chemin, elle évita tous les obstacles qui se présentaient à elle. Sa vitesse était extraordinaire, Luna allait tellement vite qu'elle ne voyait à peine les arbres défiler autour d'elle.
Elle n'avait aucun essoufflement. C'est d'ailleurs ce qui la perturba le plus lorsqu'elle arriva sur le palier de sa maison. La jeune enfant ouvrit la porte en bois avec une telle violence que si sa grand-mère ne se réveillait pas, cela aurait été un miracle. Elle la referma lourdement derrière elle puis se laissa tomber à genoux sur le carrelage froid.
— Grand-mère, Grand-mère, cria Luna dans le hall, les larmes aux yeux et le cœur meurtrit.
Une silhouette sortit de la cuisine. Sa grand-mère était une personne d'assez petite taille et le visage marqué par la vie. Ses joues creusent ainsi que ses cheveux grisonnants faisaient ressortir ses yeux azur et sa peau de porcelaine. Ça se voyait qu'elle venait de sortir de son lit car elle n'avait pas eu le temps de se changer. Elle avait gardé son peignoir rose saumon qui cacha son vieux pyjama.
La vieille femme s'avançait vers elle avec une certaine difficulté à marcher, le regard assombrit. Elle s’arrêtait à ses genoux. Luna n'avait pas besoin de croiser ses yeux qu'elle savait qu'elle était en colère de sa sortie nocturne. Si elle avait été debout elle lui aurait mis une bonne correction.
— Que m’arrive-t-il grand-mère? Pourquoi je me transforme en monstre? Demanda Luna dans un sanglot qui résonnait dans la maison.
Sans bouger elle lui répondait avec calme et sérénité.
— Tu t'es transformée Luna.
Luna tourna la tête sur sa droite et découvrit son reflet dans le grand miroir de l'entrée. Son apparence avait en effet changé, elle lui semblait à la fois familière et étrangère. Elle savait qu'il s'agissait bien de son corps, mais elle ne se reconnaissait pas. Ses cheveux avaient doublé de longueurs et étaient devenu légèrement plus clairs qu'a l'origine. En les examinant avec l'une de ses nouvelles mains de fauve, elle découvrit sous plusieurs mèches de cheveux ses oreilles taillés en pointe. Elles lui faisaient penser à celle des elfes sauf que celles-ci étaient beaucoup plus courtes. Quant à ses yeux, ils étaient devenus anormaux. Ses pupilles s’étaient élargies et positionnées à la verticale comme ceux des chats. La couleur de ses yeux gris n'existait pratiquement plus.
— Tu es devenu une Draenite maintenant.
— Une Draenite? Répéta-t-elle sans réfléchir.
Ce nom lui résonna dans sa tête.
— Une Draenite je suis? Mais qu'est-ce qu'une Draenite au juste? Se dit-elle tout bas.
En regardant toujours son état dans la glace, Luna continua son monologue intérieur sans se préoccuper de sa grand-mère. Elle cherchait en boucle la signification de ce mot.
— « Les contes que me lisait grand-mère avant de m'endormir parlent de ça non?» remarqua-t-elle.
La grand-mère s'agenouilla près d'elle, lui posant avec tendresse, sa main abîmée par l’âge sur son visage baigné de larmes.
— Arrête de pleurer petit ange. Tu es née ainsi tu ne peux rien y changer. C'est la nature qui ta faite ainsi. Il faut que tu t'y fasses.
Elle retira sa main de sa joue.
— Mais qu'est-ce que je suis exactement, une bête? La Questionna-Luna avant de se relever pour s’asseoir sur la dernière marche de l'escalier en marbre.
— Nous vous appelons des Esprit de loups.
— Un esprit de loups?
— Exactement mon enfant. Te souviens-tu des récits que je t'ai déjà raconté, l'interrogea sa grand-mère en se remettant debout à son tour.
Luna hocha la tête positivement, le regard vide, attentive à ses prochaines paroles. Elle la rejoignit puis s’essaya à ses côtés en croisant ses mains, penseuse. Elle avait l'impression que c’était en réalité une longue histoire dont elle ne voulait pas forcément lui parler. Elle joua avec ses doigts comme une enfant, tracassée de ne pas trouver ses mots.
— Ses contes racontent l'histoire de la tribu des Draenite, qui lors d'une pluie d'étoiles filantes ont hérité d'étranges pouvoir. En réalité ce sont les dieux qui les ont donnés à certains humains, qu'ils pensaient être dignes de les recevoir. Toutes les deux nous fessons partis de cette tribu Luna.
— Il existe plusieurs dieux?
— C'est ce que disent les légendes. Tout ce que je sais c'est que seuls quelques élus de la tribu ont possédé ses pouvoirs. C'est lorsque la nuit tombe qu'ils se manifestent. Ils se transforment en des esprits vaillants et courageux.
Elle se racla la gorge.
— Les autres membres du clan les comparent souvent à des loups, non pas par leurs changements physiques. Mais pars ce qu'ils ne font qu'un avec la nature. Ces chanceux ont particulièrement une forte affinité avec elle. Certains d'entre eux excédent dans l'art de la guérison ou dans la communication directe avec l'environnement.
— Ce sont des magiciens, répondit-Luna en frottant le nez contre son bras.
— On peut dire comme ça. Ils ont tous de magnifiques pouvoirs mais ils changent d'un individu à l'autre. On croit surtout qu’à cette époque leurs dons nous protégeraient à tout instant mais malheureusement..., bredouilla-t-elle.
Luna posa sa main sur son genou. Elle insista.
— Mais? Que s’est-il passé.
Elle poussa un soupir.
— Notre tribu a su quelques années décennie plus tard que les dieux ont également accordé leurs privilèges à une autre tribu. Sauf que comparer à nous, ils utilisent leurs dons pour faire le mal. Ils nous haïssent et veulent impérativement nous détruire, pour être les seuls sur terre à posséder ses capacités surnaturelles.
La grand-mère avait le visage triste, l'esprit préoccupé par son récit. Luna essuya ses larmes restées sur son visage puis la prit dans ses bras pour la serrer contre sa poitrine. Elle venait enfin de comprendre pourquoi, elle ne pouvait jamais sortir la nuit et pourquoi elle se sentait souvent si seule. La vieille femme ne voulait pas que d' autres enfants n'approchent pas sa petite fille car ils ne devaient pas connaître sa véritable identité. Luna se défait de son emprise.
— Comment s'appelle cette tribu remplie de haine?
— Les Arthas ma chérie. C'est pourquoi tu dois faire attention à toi à n'importe quel moment de ta vie. Tu es une grande fille maintenant. Ils sont à ta recherche comme tous les autres esprits de loups encore vivants sur cette terre.
— Je ne suis pas la seule?
Elle avala sa salive.
— Non mais nous sommes plus qu'une poignée désormais. Tu dois absolument appliquer ce que je t'ai appris jusqu'à aujourd'hui. Est-ce bien compris ?
— Tu veux parler de l'utilisation des plantes et de la dissimulation?
— Oui, affirma-t-elle avant de la prendre à son tour dans ses bras.
— Tu es jolie comme ça, tu ressembles énormément à ta mère.
La jeune fille lui sourit.
Toutes les deux restèrent dans cette position pendant un moment, jusqu'à qu'une question venait brûler les lèvres de Luna.
— Dit moi grand-mère, c’était vraiment nécessaire de m'avoir caché durant toutes ces années? Pourquoi m'avoir interdit-la nuit sans aucune explication.
— Je voulais simplement te protéger d'eux...
Un coup à la porte l'avait coupé dans sa phrase. Le visage de sa grand-mère prenait un air inquiet.
— Qui cela peut être à une heure aussi tôt?
Elle se retourna vers elle en posant son index sur ses lèvres.
— Va te cacher sous l'escalier car j'ai un mauvais pré sentiment, lui murmura-t-elle suffisamment fort pour que Luna l'entende.
Luna se leva de sa place en silence et faisait le tour de l'escalier. Elle entra dans le placard juste en dessous, qui ne pouvait abriter que son corps et s’assit sur le sol avant de refermer la porte sur elle.
Elle se retrouva dans le noir. Luna cacha sa présence grâce à ses pouvoirs, fermant les yeux comme on lui avait appris jadis. Elle entendait les dalles du plancher grincer sous les pas de sa grand-mère, la porte de l'entrée s'ouvrir. Un cri couvrit le silence.
C'est alors que Luna sortit brutalement de son rêve...



Chapitre 2 :
Une drôle de rencontre





Le retour à la réalité était assez brutal. Luna se réveilla en sursaut dans sa chambre complètement vide, la sueur dégoulinant le long de son front. Elle n'avait plus ses onze ans mais bien la majorité et elle venait de sortir d'un terrible cauchemar, un cauchemar qui ne lui était pourtant pas inconnu.
— C’est le matin de ma première transformation et ou grand-mère... Je n'arrive plus à m'en souvenir.
Sortant des brumes du sommeil, la jeune fille attendit quelques minutes pour rétablir ses esprits. Pendant un court instant elle était désorientée, pensant ne pas être dans la vraie vie. Lorsqu'elle se sentit capable de bouger, elle enleva la couette d'un revers de la main et sortit de son lit en trombe. Luna s'élança dans la salle de bain de sa chambre. Elle ouvrit le robinet, prit de l'eau froide dans le creux de ses mains pour s'asperger le visage avec. Elle attrapa une serviette sur le panier à linge et la colla contre sa figure. Elle se contempla dans le miroir.
Avec le temps, ses pupilles ne lui faisaient plus peur lorsqu'elles les regardaient. Chacune d'elles était devenue plus large et continuer de faire ressortir le gris de ses yeux. Si elle n'arrivait pas à les discerner, elle jurer qu'ils étaient pratiquement transparents. C'est d'ailleurs la seule anomalie qui lui restait après le lever du jour, la seule depuis sa première transformation. Quant à ses cheveux, ils continuaient de s'éclaircir à la lumière. Tout ce dont elle espérer c'est qu'ils ne deviendraient pas blond platine car elle avait une sainte horreur de ce teint. En attendant, Luna ne se plaignait pas. Seul son visage avait changé durant les années, il ressemblait en tout point à celui du portrait de sa mère.
La jeune femme détourna son regard de la glace et attrapa l'un des escabeaux sur le côté gauche du lavabo. Elle monta dessus pour atteindre le placard du haut et prit sans prêter attention les premiers vêtements qui lui tombaient sous la main. Elle redescendit, puis une fois les pieds sur la terre ferme, elle s'habilla. Sa tenue de la journée était plus que banale. Luna ne porta qu'un jean stone retroussé sur les deux jambes et un t-shirt large de couleur noire. Elle prit ensuite sa brosse à dents et commença à se les laver. Pour finir, elle récupéra une petite boîte en fer posé sur l’étagère et y récupéra à l’intérieur, une chaînette en argent portant un pendentif en croissant de lune. Luna l'attacha autour de son cou, puis se passa un coup de peigne dans les cheveux en se regardant une nouvelle fois dans le miroir.
— Allez Luna sourit un peu, se dit-elle à haute voix pour me donner du courage pour la journée à affronter.
Une fois prête à sortir, elle ouvrit la fenêtre de la pièce pour voir le temps de la journée. Un beau ciel bleu sans aucun nuage, voilà ce qui l'attendait aujourd'hui. Elle resta un moment à regarder la verdure et l'horizon de la forêt, la nature l’envahissait peu à peu d’énergie positive. Si la réalité de la vie ne l'arrachait pas de sa rêverie, la jeune femme resterait ici des heures, pensant à sa liberté.
Satisfaite de son bol d'air, elle referma la fenêtre puis sortit de la pièce et de sa chambre. Elle descendit les escaliers en sautant une marche sur deux puis s'engouffra dans la cuisine. A l'intérieur, la jeune femme ouvrit le meuble près de la porte d'entrée et prit le premier bol Disney qu'elle trouva. Celui qu'elle tenait dans ses mains était le dernier cadeau que sa grand-mère lui avait donné avant qu'elle ne disparaisse définitivement. Chaque matin, il lui faisait penser à elle, ce qui la rendait nostalgique mais elle ne devait pas se laisser abattre. En préparant son petit déjeuné, Luna repensa au mauvais rêve qui ne voulait plus la lâcher depuis plusieurs mois. Au plus profond de son être, elle savait bien qu'il se répétait pour une raison, une signification particulière. Peut-être était-il un souvenir important qu'elle se forcer d'oublier.
— Grand-mère où es-tu passée? Pourquoi m'avoir abandonné sans prévenir. ? Est-ce la transformation de cette fameuse nuit qui t’a poussé à me quitter? S'interrogea la jeune femme dans ses pensées.
Elle termina à toute vitesse ses céréales et buvait son lait avant de quitter la pièce, en laissant tout sur la table. Luna se précipita vers le placard sous l'escalier et y attrapa une paire de chaussures au hasard.
Aujourd'hui c'est la rentrée des classes et c'est également le jour que la Draenite déteste le plus. Elle n'aimait pas retrouver les mêmes camarades que l'année précédente, qui la prenaient pour une bête de foire à cause de son apparence particulière. Mais bon même-s’ils se moquent d’elle et ne lui parlaient pas, cela ne serait pas une raison valable pour sa grand-mère. Elle détestait lorsqu'elle arrivait en retard dès les premiers jours. Elle prit l'une de ses vestes et son sac à dos accroché sur le porte-manteau de l'entrée puis attrapa ses clefs pour fermer cette grande maison vide. Une fois dehors et comme à son habitude, Luna enfila sa capuche pour cacher une partie de son visage, pour ne pas être vu par les autres. Elle n'avait pas envie qu'on la montre du doigt même dans la rue. En marchant sur l'allée qui l'éloignait de sa maison, elle s'enfonça dans la forêt en direction de la ville la plus proche. Le lycée que Luna fréquentait était à environ cinq kilomètres d’où elle habitait, au nord du centre-ville de Dyverse. Mais grâce à la capacité de son don, il lui suffisait simplement de courir pour y être en quelques minutes et sans le moindre effort. Ce don lui faisait avancer à la vitesse d'un avion. Si certaines personnes connaissaient son existence, ils l’envieraient sûrement beaucoup.
Dyverse était une ville tout à fait banale, pas très grande mais dynamique. Les habitants de cette ville étaient de nature joyeuse, mais comme tous, ils avaient leurs défauts. On y croisait tous types d'individus rien qu'au lycée. Les jolies pom-poms girls qui passaient chaque matin avec leur décapotable, les sportifs qui monopolisaient l'unique bus de la ville et les intellectuels. Malgré leurs ouvertures d'esprit et leurs passions pour la culture, eux non plus ne l'avaient jamais accepté parmi eux.
— Peut-être ont-ils eux aussi peur de moi, se dit-elle.
Mais elle pensait qu'ils étaient les plus gentils de l’établissement. Pour finir il y avait elle, Luna n'avait aucun ami et aucun groupe à qui appartenir. Certains des élèves de l’école ne prêta pas attention à elle, comme si elle n'avait jamais existé. Dans un certain sens, cela l'arrangeait. Mais elle avait beaucoup de mal à garder son calme face à tant d'insignifiance.
Alors qu'elle traversa la ville, la tête vers le sol, se tenant éloigner des passants, Luna entendit des cris qui laissaient ensuite place à des rires de plus en plus diaboliques.Elle s'avance vers ses bruits puis remarqua sur sa droite qu'une bagarre éclatait dans une ruelle. Curieuse, elle utilisa la faculté de ses yeux pour voir ce qui se passait exactement. Elle distingua un petit groupe de garçons de son âge. Au premier plan, il y avait deux jeunes qui encourageait un troisième, qui lui tapa sur quelqu'un au sol. D'ici Luna voyait que la victime est châtain clair, les yeux limpides de couleur verte et le visage suffisamment ovale pour faire ressortir des traits fins.
Ce qui lui paraissait le plus étrange sur le moment, c'est qu'il n’essayait même pas de se défendre face à son agresseur. Pourtant Luna voyait bien ses yeux se charger peu à peu de haine. Alors pourquoi refusait-il de bouger? Aimait-il tant que ça de se faire taper dessus? L'agresseur quant à lui disait quelque chose. Mais ce n'était que lorsque ses amis prononcèrent son prénom que tout revient à l'esprit de Luna. Il s'agit de Sean, le capitaine de rugby de l'école. Elle l'avait déjà vu à l’œuvre lors de plusieurs matchs au lycée et de ses nombreux entraînements. Il était coureur de jupons, beau parleur et à la vilaine réputation d’être odieux et cruel avec ceux qu'il avait en grippe. Ce qu'elle voyait là, confirma largement ce que Luna avait entendu dire durant des années.
En sortant de ses pensées, Luna s’aperçoit qu'il y avait une cinquième personne dans l'histoire. Il se tenait le dos avachi contre le mur de la ruelle, dissimulant parfaitement sa présence. Elle avait l'impression que le spectacle ne l’intéressait pas et qu'il attendait patiemment que son ami terminé de jouer. Son visage lui, ne lui évoquez rien. Luna ne l'avait sûrement jamais aperçu avant aujourd'hui. Elle le scruta de la tête aux pieds, mais il tourna soudain sa tête vers elle. La jeune femme sentit un drôle de pressentiment lorsqu’il posa ses yeux sur elle. Elle avait l'impression qu'il arrivait à lire chaque parcelle de son corps sans avoir besoin de faire quoi que ce soit.
Sans le quitter du regard, elle songea à la façon dont il s’était pris pour arriver à la repérer, en sachant qu'elle avait caché sa présence. Aucune réponse ne lui vient. Le garçon faisait environ une demi-tête de plus que la jeune femme, semblait costaud sous ses larges vêtements foncés. Ses cheveux quasiment blonds lui tombaient sur le haut des oreilles et du front. Il avait l'allure du parfait séducteur qu’aiment les filles de cette ville.
— Sean ! Appela le garçon sans broncher du regard.
— Que se passe-t-il Kyle ? Reprocha celui-ci en tenant fermement le col de sa victime.
— Il est peut-être temps que tu calmes tes pulsions non? Faut qu'on aille en cours, il se fait tard.
Sean lâcha sa proie sans demander son reste et s’élança vers la sortie de la ruelle. Il ne regarda pas une dernière fois sa victime. Il n’en avait rien à faire.
Suivis de ses amies, ils passèrent à côté de Luna en la dévisageant sans cacher son dégoût.
— Il a sûrement remarqué mes pupilles, se rassura-t-elle intérieurement pour se forcer à ne pas en tenir compte.
Lors qu’arriva le tour du garçon au prénom de Kyle, Luna s’attendit à la même réaction de sa part que de son partenaire. Mais il n'en fait rien. Il ne réagit pas à son apparence et se contenta de lui faire un sourire amusé avant de rejoindre les autres.
Une fois qu'elle les avait perdus de vu, la jeune femme reprit son attention sur la victime restante. Celui-ci c'était assis sur le sol, tenant sa main contre sa lèvre, qui semble lui faire souffrir. Il cracha même du sang par terre. Luna s'approcha de lui discrètement, sans faire trop faire de bruit sur son passage, puis retira de son sac un mouchoir en tissu. Elle prit une grande inspiration et lui tendit timidement. Le garçon leva immédiatement ses yeux verts sur elle, en lui faisant lui aussi un large sourire avant de le prendre dans sa main.
— Merci beaucoup, dit-il en l'appuyant contre sa lèvre inférieure.
—C'est normal, bredouilla-t-elle dans ma barbe.
Elle se sentit ridicule.
— Ce n'est pas joli à voir n'est-ce pas? demanda-t-il en continuant d’enlever le reste du sang.
Luna hocha la tête positivement.
— Je suis désolé mais je dois partir, l'informa-t-elle d'une voix remplie de compassion.
En voulant avancer vers la sortie, la jeune fille sentit qu'on l'agrippait fortement le bras. Elle se tourna vers lui.
— Pourquoi tu t'enfuis d'un coup? M'interroge-t-il en gardant toujours son large sourire. Pour tout te dire si je me suis battus avec lui c'est parce que sa ravissante petite amie m'a gentiment...
Luna lui coupa sèchement la parole avant qu'il n'ait le temps de terminer sa phrase.
— Ce ne sont pas mes affaires.
— A oui? Pourtant je pense que ça l'est maintenant. Tu as bien réussi à faire fuir ses garçons tout à l'heure. Se peut-il que ce soit à cause de ta drôle d'apparence physique?
Le garçon rit. Luna se défait de son emprise. Elle le réprimande des yeux, énervée de sa réflexion. Ses paroles auraient dû la blesser comme à chaque fois qu'on évoque son physique. Mais ce n'était pas le cas cette fois. Elle est tellement habituée par la moquerie des autres que ce n'était pas un inconnu comme lui qui allait l'atteindre.
Luna se racla la gorge puis lâcha d'un ton dure.
— Comment oses-tu me critiquer alors que tu ne connais absolument rien de moi. Tu as beau faire de jolis sourires, ça ne cache pas la cruauté que tu portes en toi. Tu n'es même pas reconnaissant envers ceux qui te vienne en aide.
Son sourire disparut peu à peu, laissant une expression sérieuse. Ses lèvres s’entre ouvrèrent.
— C'est vrai je ne sais rien de toi. Mais je suis sûr que bientôt nous deviendrons proches. Je peux t’en faire la promesse.
La jeune femme l’observa pendant un long moment, sans qu'aucun mot ne sortît de sa bouche. Elle savait qu'il prenait ses paroles trop à la légère.
— Le ciel t’est tombé sur la tête, tu délires.
— Non je suis très sérieux.
Sans lui répondre Luna quitta la ruelle.
— On se reverra, cria-t-il alors qu'elle venait de disparaître dans la foule du matin.



L'auteur :
Pachy94