Je voudrais tant que mes poèmes

De luciano VAL le 16/08/2009 (0 visite depuis 7 jours)

Je voudrais tant que ce poème,
Le prochain et le troisième,
Aient l’effet d’un chant de grillon
Vous protégeant des tourbillons,
Qu’ils s’approchent de vos oreilles
Comme un bourdonnement d’abeille,
Un mot chuchoté en secret,
Le cri au loin d’un minaret,
Un discret frôlement de plume,
Le frémissement de l’écume,
Un léger clapotis dans l’eau,
Le doux tintement d’un grelot,
Un tressaillement de feuillage,
Un murmure de coquillage,
Fuite d’un furtif perdreau,
Silence de deux tourtereaux,
Un frisson sur l’eau des fontaines,
Appel de cloches tibétaines,
Et qu’ils envahissent vos têtes
Y décrétant un jour de fête.

Je voudrais tant que mes poèmes,
Du premier au millième,
Soient un son clair de carillon,
Le pépiement d’un oisillon,
Un joyeux tic-tac de réveil,
Les bruits d’un marais qui s’éveille,
Un chant pur de chardonneret,
Lettre d’amour dans un coffret,
Un feu de sarment qu’on allume,
Une bûche qui se consume,
Le gazouillement d’un ruisseau,
La succion d’un souriceau,
Un badinage, un babillage,
Le frottement d’un gribouillage,
Gouttes de pluie sur le carreau,
Mutisme de poétereau,
Larmes de plainte lusitaine,
De rengaine napolitaine,
Et qu’ils contraignent les esthètes
A les réciter à tue-tête.