Souvenir d'une rencontre

De luciano VAL le 15/09/2009 (1 visite depuis 7 jours)

Je vous adresse cette lettre,
Vous que j’ai entrevue un soir.
Vous étiez côté couloir,
Moi, plus loin, côté fenêtre.
On a échangé un bonsoir,
Mais vous attendiez peut être
Que j’aille au delà sans surseoir.

Car j’avais senti quelque chose
Quand j’ai croisé votre regard,
Dès notre rencontre à la gare,
Comme un début de symbiose.
Vous avez dû trouver ringard
Que je m’enferme, l’air morose,
Dans mon silence, l’œil hagard.

Pour qu’une passion s’embrase,
Il suffit parfois d’un rien,
Une âme de collégien,
Un sourire aimable, une phrase,
Deux doigts d’humeur de vaurien
Pour oser faire table rase,
Sur-le-champ, des autres liens.

Je n’ai pas cru à ce miracle
Ce soir là, je ne sais pourquoi,
La peur de sourires narquois
Ou de me donner en spectacle.
J’attendais, je ne sais trop quoi
Et m’opposais des tas d’obstacles
Pour finalement rester coi.

Depuis, à votre recherche,
Tous les jours, je m’étais astreint,
A toute heure, dans tous les trains.
Comme résultat, c’est pas lerche !
Je le fais avec moins d’entrain
Aujourd’hui lorsque je vous cherche.
J’ai vite repris mon train-train.

Quand un amour naissant vous presse,
Pourquoi faut-il qu’on atermoie
Pour en souffrir après, des mois ?
Lorsque votre absence m’oppresse,
Je le relis avec émoi
Ce poème plein de détresse.
Il arrive que j’en larmoie.