J’ETAIS CON

De Fred le 14/12/2014 (1 visite depuis 7 jours)

Ah ! C’que j’étais con
Quand j’étais p’tit.
Mais à ma façon
Pardi !

A cette époque,
Je croyais tout.
Sans équivoque,
Je vous l’avoue.

Si on m’avait dit :
Dès que vient la nuit,
Les Elfes envahissent les bois.
Je me serais enfermé chez moi

Loin d’une forêt
Ou du moindre peuplier.
Quand j’y songe,
Le mot mensonge

Voulait dire trahison
Au-delà de la raison.
J’étais un enfant,
Qui gobé autant

Qu’un junkie avec l’ecstasy
En pleine rave party,
Comme un esclave
Dans une enclave.

Je voulais ma célébrité
Avec un bout de terre,
Que j’aurai gardé
Pour moi, en solitaire.

Ah ! C’que j’étais con
Quand j’étais p’tit.
Ma maison,
C’était le paradis

Loin des quand dira ton,
Des messes basses
Balançaient en chanson,
Qui nous cassent.

Si on m’avait dit :
L’argent a une odeur.
Vas y sent ici.
Tu sens cette chaleur.

C’est celle du bonheur.
Pour laisser une trace,
J’aurai été près, hélas,
À vendre ma sœur

Ou prier Shiva
En la suppliant,
Pour qu’elle fasse de moi
Un homme puissant.

Mais j’étais trop jeune.
J’avalai vraiment tout.
Il a fallu le jeûne
Et les yeux en face des trous.

Car la chance est infime,
Que je devienne milliardaire
Ou une star de film
Dans une vie, en solitaire.

Ah ! C’que j’étais con
Quand j’étais p’tit.
J’avançai à tâtons
sans un radis,

Voulant parcourir le monde
Au frais de la princesse,
Faire ma petite ronde
Sans cesse.

Si on m’avait dit
Que notre vie
Est limitée
Par l’éternité.

Tel les vampires
Et autre Highlander
Qui, le pire,
Sont des glandeurs,

Qui ont la chance
De goûter à l’immortalité
Avec l’expérience
D’une longue maturité

Renouvelable à l’infinie.
Comme le Dalaï Lama,
J’aurai répondu : oui,
La réincarnation me va.

Mais sans changer de peau
Autour de ma chaire
Contre celle d’un asticot
Ou d’un ver solitaire.

Ah ! c’que j’étais con
Quand j’étais p’tit,
Un vrai bouffon
Plus Laurel que Hardi,

Tel ment bête
À m’en cogner la tête
Contre un mur
Pour en être sûr.

Si on m’avait dit
Que mes conneries
Pouvaient, sans arrêt,
Etre réparer.

En suivant la lumière
Comme disait Albert,
On peut remonter le temps
À chaque instant.

Mon horoscope
Ne contient plus d’erreur,
Car je chope
Toutes les douleurs.

J’aurai pu croire
En un monde parfait.
Sauf que mes espoirs
Se sont substitués aux regrets.

Il n’existe pas d’existence
Sur cette terre
Sans la malchance
Du solitaire.

Ah ! c’que j’étais con
Quand j’étais p’tit
J’étais bougon
Tous les lundis.

Je cherchais une parade
À mes camarades
Lançant des ragots
A gogo.

Si on m’avait dit :
Soit plus hardi,
Rabat leur caquet.
Si non tu vas raquer.

Pour être autonome
En tant que môme,
J’aurai mis,
Sans contre parti,

Toutes les chances
De mon côté
Au lieu de l’errance
De leur banalité.

C’est grâce à la tendresse
D’une belle déesse,
Que j’ai compris,
Que le prix

A payer est peu
Pour pas finir grabataire
Seul dans mon pieu,
En solitaire.

Frédéric