Lilly

De M. Forestié le 31/08/2019 (2 visites depuis 7 jours)


Moi, je mourais un peu, toi tu naissais à peine,
Je ne sais de tes yeux lequel m’avait séduit,
Chienne pleine d’amour entre toutes les chiennes.
Comme le temps fut court ! Je te salue Lilly.

Le ciel t’avait vêtue pour robe souveraine
De la mousse des bois, et j’y posais ma joue,
Et j’y glissais les doigts en te disant « je t’aime ».
Si le temps fut trop court, comme le temps fut doux.

Tu n’as jamais mordu, ç’aurait été normal,
Ceux qui te taquinaient au profond de ton calme ;
J’aurais pourtant aimé que tes crocs fassent mal
Aux crétins qui prétendent que les chiens n’ont pas d’âme.

De toutes les saisons tu préférais l’automne
Avec ses feuilles mortes allant du rouge au beige.
Mais quand l’hiver viendra, à l’heure où tout frissonne,
Je verrais de tes pas le dessin dans la neige.

La haut, sur un nuage bien plus doux que ton lit,
Tu pourras t’étirer et rêver doucement.
Moi, je te souhaite un os éternel et rempli
De bonne moelle tiède pour t’y frotter les dents.

Aujourd’hui, tu n’es plus et grande est notre peine,
Encore une caresse et tous les yeux se mouillent,
Chienne pleine d’amour entre toutes les chiennes
Au paradis des chiens, je te salue, Foufouille.