Suicidez-moi

De Malhaire le 08/08/2012 (2 visites depuis 7 jours)

Quand le soleil en se couchant,
Est las de nous rendre la nuit,
Je me sais l’ombre d’un silence,
Un poète usé de souffrances.

Et vous, que rien ne décourage,
Que jamais la vie ne naufrage,
Plantez un ciseau dans mon cœur,
Que s’abandonne ma douleur.

Je suis l’invisible à vos yeux,
L’essentiel se vit autrement,
Voyez, combien je suis heureux,
Le temps m’essouffle lentement.

Suicidez-moi,
Redonnez-moi,
Le courage que je n’ai pas,
La force d’un dernier fracas.

Suicidez-moi,
Infligez-moi
De lambeaux de chairs, en gravats,
Le repos que je ne sais pas.

Comme un astre se lie au jour,
Quand les lunaisons me mutilent,
J’ai un chagrin d’humanité,
Et mon âme uniformisée.

Pour vous que rien ne diminue,
Vous qui me voyez, l’ingénu,
Je suis un désenchantement,
Un tas de rêves au gré du vent.

Et pour tous nos malentendus,
Mon langage a tarit ma source,
Voyez, combien la vie me tue,
Quand moi, je suis à bout de course.