Par la porte en fer entrouverte,
Une bande de chenapans,
Au bel âge des découvertes,
S’introduirent, en rampant,
Furtifs, dans la propriété
Aux volets clos de la voisine,
Au coeur d’un suffocant été,
Pour se tremper dans la piscine.
C’était un endroit ombragé,
Planté de fleurs bleues, des glycines,
Où balançait un oranger,
En reflet dans l’eau cristalline.
Ils l’eurent là, leur découverte,
Dès l’arrivée, dans les clapots
De l’eau de la piscine, verte,
Où flottaient serpents et crapauds.
Ils dirent tous vouloir plonger
Et barboter jusqu’aux matines,
Ou plus, en dépit du danger
De ces vipères clandestines.
Aucun vraiment n’envisageait
De se risquer dans la piscine,
Où crapauds et serpents nageaient.
C’étaient bravades enfantines.
On ne déplora pas de perte.
Ils renoncèrent, cœurs légers,
A s’immerger dans cette eau verte,
Laissant les intrus siéger.
En rêve, je me vois, âgé,
La scène toujours me fascine,
Avec des serpents, mélangés
Dans une belle eau argentine.
Dans les choses vécues, enfant,
Souvent, nos peurs prennent racine
Au cœur d’un été étouffant,
Dans l’eau verte d’une piscine.
Dans l'eau verte de la piscine
De luciano VAL le 11/01/2010
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