Mais que fait-on pour les poètes?

De luciano VAL le 27/01/2010 (2 visites depuis 7 jours)


L’homme protège les espèces
En voie de disparition,
Des qu’on décime, qu’on dépèce,
En dépit des pétitions,
Des qui courent, volent ou nagent,
Qui au marché noir valent cher,
Tués depuis l’aube des âges
Pour leur peau, leur corne ou leur chair.
Il en est une menacée
Par des bandes d’analphabètes,
Sí l’on ne crève pas l’abcès:
L’espèce en danger des poètes.

Qu’on se torture les méninges
Pour sauver les orangs-outans,
Gorilles et autres grands singes
Qui disparaîtront dans vingt ans,
Je me réjouis des mesures
Que l’on promulgue désormais
Pour repeupler mère nature
De loups, d’ours, de chimpanzés.Mais,
Qu’il me soit permis de poser
Une question toute bête,
Avant qu’ils soient tous sclérosés :
Mais que fait-on pour les poètes?

Que tous les pays se démènent
A part deux ou trois vauriens
Pour qu’enfin dauphins et baleines
Aient des lendemains plus sereins,
Qu’on change de filets de pêche
Pour que demain les maquereaux,
Sardines, thons et autres seiches
Ne soient pas conçus in vitro,
J’applaudis encore à deux mains.
Mais sans jouer les trouble-fête,
Si on néglige trop l’humain,
La médiocrité nous guette.

Qu’on escalade des montagnes
Pour s’assurer que la couvée
Du buzzard et de sa compagne
Ne souffre pas trop des U.V.,
Qu’on balise les paysages
Pour qu’au cours des migrations
Les canards et oies de passage
Ne perdent la direction,
Je dis bravo plus qu’à mon tour.
Mais que dit-on de ma requête?
Oui ! Pour chouchouter les vautours,
Sí on n’oublie pas les poètes.

D’aucuns diront que je m’alarme
A tort, que nombre de chanteurs
Actuels nous tirent des larmes
Avec des textes enchanteurs.
Ceux-là n’ont pas ouvert un livre
De poésie depuis longtemps,
Ou bien alors ils étaient ivres.
De réagir il est grand temps.
Les poèmes, au hit-parade,
Vraiment ne valent pas tripette.
Je lance ici une croisade,
Pour en sortir des oubliettes.

Pour que des textes ressuscitent
Ou naissent, partout, à toute heure,
Proposons que quelqu’un récite
Un poème par jour, au “ 20 heures”,
A la radio, à l’école,
En entreprise, au parlement.
Que chacun à son tour s’y colle !
Qu’attend donc le gouvernement ?
Exigeons de lui qu’il décrète
La fête de la poésie.
Je le dirai jusqu’à perpète.
Partagez-vous mon hérésie?