Je pense à la première fois.
Je me souviens du paysage,
Mais plus du tout de son visage,
De son prénom ou de son âge.
Il est si loin cet autrefois.
C’était comme un étalonnage,
Elle était plus vieille que moi.
Je parle de premiers baisers,
Plus troublants que la bagatelle.
On réclamait que je m’attelle
A la tâche, sous curatelle.
Les « grands », voulant me déniaiser,
Lors d’une soirée immortelle,
M’assuraient que je lui plaisais.
Comment l’avaient-ils convaincu ?
Sans doute ont-ils brossé l’épure
Toute enjolivée de guipures,
Un acte de charité pure,
Une expérience pour son vécu.
Elle releva l’aventure.
Nul n’aurait parié un écu.
On se retrouva un beau soir
De ciel d’étoiles par myriades,
Partis pour une promenade,
A l’écart de la cantonade.
Je l’ai embrassée sans surseoir.
Mon coeur explosait sa chamade,
Trop-plein cherchant un déversoir.
Deux ombres frêles contre un mur.
Aucun n’a risqué un « je t’aime ».
Ça ressemblait à un baptême
Païen, sans rite et sans totem.
On ne se parlait qu’en murmures.
Qu’importaient le temps et les thèmes,
Je brisais ma première armure.
Plus tard, j’ai croisé son chemin.
Personne pour me secourir,
Je voulais me mettre à courir.
Pourquoi ne pas la conquérir?
Mon visage virait au carmin.
Encouragé par son sourire,
J’ai osé lui prendre la main.
La première fois
De luciano VAL le 11/07/2009
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