On le cherche sans cesse, une vie entière,
Pour qu’il apaise nos pauvres coeurs lacérés.
Et dès qu’on l’a trouvé, on veut l’incarcécer.
Mais c’est peine perdue. Il s’est sauvé hier
Malgré tous nos gris-gris, nos trèfles, nos prières.
On a pourtant pris soin d’éviter les échelles,
Chasser tous les chats noirs, se lever du pied droit,
Croiser ses doigts et poser son pain à l’endroit,
Garder pour soi le sel, chercher la coccinelle.
Même les plus sensés virent irrationnels.
Dans un nouvel amour, on croit le reconnaitre.
On sent qu’il est tout près, à portée de nos mains.
On court pour l’attraper, sans attendre demain.
Devant un paysage, quand un enfant va naitre,
On pense le tenir, mais c’est mal le connaitre.
Toujours il se dérobe, il joue à cache-cache.
On le saisit parfois, dans des moments furtifs,
Quand on a réussi un bac ou un certif.
On veut le retenir un instant mais macache,
Il est déjà ailleurs. Egoïste, on paie cash.
Si on ouvre nos coeurs, il nous fera l’honneur
De nous visiter plus souvent, sans crier gare.
Il n’est jamais trop loin d’un geste, d’un regard.
Sachons le partager, largement, à toute heure,
Ce démon espiègle et joueur, le bonheur.
Sachons le partager
De luciano VAL le 22/08/2009
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